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L’écosystème aquatique du lac Saint-Jean


22 janvier 2007, par Karine GAGNON
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Les eaux Eau
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L’eau est un concept très largement abordé au sein des stages Objectif Sciences, que ça soit sous la forme de Vacances Scientifiques ou de Classes Sciences pour les établissements scolaires, et ce dans tous les pays où l’association est présente (Polynésie, France, Québec...).
du Lac Saint-Jean supportent un écosystème complexe et unique. Cette fiche vous permettra de comprendre la structure et la composition de cet écosystème, son histoire et les impacts qu’ont sur lui les activités humaines.



 Hydrologie

Suite à la dernière glaciation, il y a environ 10 00 ans, la fonte du glacier laurentidien a mené à la formation de la mer de Laflamme, qui recouvrait tout la région du lac Saint-Jean jusqu’au fleuve Saint-Laurent. Le rétrécissement de cette mer a laissé le lac Saint-Jean et le fleuve Saguenay comme on les connaît aujourd’hui.

En excluant les réservoirs hydroélectriques, le lac Saint-Jean est le troisième plus grand lac au Québec en terme de superficie après le lac Mistassini et le lac à l’Eau Eau
Eaux
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Claire. Par contre, même si sa superficie est de 1 041 km2, sa profondeur moyenne est seulement de 11 mètres. Son bassin hydrologique s’étend sur plus de 73 000 km2 et le lac est alimenté par plusieurs affluents, parmi elles les rivières Péribonka, Ashuapmushuan, Petite-Péribonka, Mistassibi, Mistassini, Aux Rats, Ticouapé, Ouiatchouane et Métabetchouane. La plus importante de ces affluents est la rivière Péribonka, qui fournit plus de 50% de l’apport d’eau Eau
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douce au lac. L’eau du lac se jette dans le Saguenay en passant par deux rivières : la Petite Décharge et la Grande Décharge. Le Saguenay se jette ensuite dans le fleuve Saint-Laurent près de Tadoussac.

Dû à sa faible profondeur et le débit d’eau douce important (1450 m3/s), les eaux du lac se renouvellent très rapidement, à un taux d’environ neuf fois par année. Ce renouvellement a principalement lieu à la crue printanière et c’est aussi à ce moment que les fluctuations du niveau d’eau sont les plus grandes.

Le lac est entouré de plages sablonneuses et les bancs de sable sont très fréquents. Ces dépôts de sable sont amenés par les affluents qui transportent d’énormes quantités de sable provenant de l’érosion fluviale. Les gros grains de sable se retrouvent principalement à l’embouchure des rivières et peuvent parfois même les bloquer. Les plus petits grains sont transportés par les vents et les courants pour former les plages.

En hiver, le lac est recouvert d’une couche de glace pouvant atteindre jusqu’à 1,5 mètres. Le lac commence à geler en début décembre et reste glacé pour environ six mois. La glace disparaît en début mai et fond progressivement par l’action du soleil et du vent. Les embouchures des grandes rivières comme la Péribonka sont les premiers à se libérer au printemps.

 Histoire

Les Amérindiens était les premiers à découvrir le lac Saint-Jean suite au rétrécissement de la mer de Laflamme et l’ont appelé « Piekuakami », signifiant « lac plat » ou « lac peu profond ». Ces amérindiens, les Pekuakamiulnuatsh, faisaient partie de la nation innue, aussi appelé montagnaise. Les Innus du Lac Saint-Jean habite encore la région, surtout la communauté de Mashteuiatsh.

Le premier européen à découvrir le lac était le jésuite Jean de Quen en 1647 qui a décrit un lac « si grand qu’à peine en voit-on les rives, il semble être d’une figure ronde, il est profond et fort poissonneux, on y pêche des brochets, des perches, des saumons, des truites, des poissons dorés, des poissons blancs, des carpes et quantité d’autres espèces… » et l’a renommé en honneur de son saint patron.

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, la région du lac Saint-Jean appartenait aux européens et les compagnies de commerce de fourrures, et donc les premiers colons à s’installer occupaient les postes de traites le long de la rivière Saguenay. Après 1850, l’agriculture et la foresterie sont devenues très importantes pour l’économie de la région. L’agriculture est surtout concentrée au sud-est du lac, où le retrait de la mer de Laflamme a laissé d’énormes dépôts d’argile, limon et sable fin, rendant le sol très propice à l’agriculture. Au nord du lac, la mer de Laflamme a laissé des dépôts de sable, condition favorable pour la croissance de bleuets et pins gris. La foresterie s’est rapidement développée dans ses secteurs, surtout après la construction de scieries à Hébertville et Roberval.

Les années 1920 marque le début de l’exploitation hydroélectrique du bassin hydrographique du lac Saint-Jean. La construction d’un barrage sur la rivière Grande Décharge et de la centrale hydroélectrique d’Isle-Maligne permet la production de vastes quantités d’énergie. De plus, le barrage cause une hausse du niveau d’eau de lac.

À présent, les industries des pâtes et papier et de l’aluminium sont très importants à l’économie régionale. Parmi les usines importantes, il y a la papeterie Bowater à Dolbeau, la papeterie Abitibi-Consolidated à Alma, et l’aluminerie Alcan, également à Alma

 Écologie

Parmi les espèces végétales, l’ammophile à ligule courte (Ammophila breveligulata) joue un rôle important dans la stabilisation des dunes de sable au sud du lac. Cette espèce marine a colonisé le lac Saint-Jean suite au rétrécissement de la mer de Laflamme comme plusieurs autres espèces côtières, dont l’hudsonie tomenteuse (Hudsonia tomentosa) et les pois de mer (Lathyrus maritimus).

Le lac Saint-Jean compte 28 espèces de poissons, dont plusieurs sont aussi des espèces marines provenant de la mer de Laflamme. Parmi ces espèces, on compte deux espèces piscivores [1] : la célèbre ouananiche (Salmo salar) et l’omble de fontaine (Salvelinus fontinalis), et deux espèces de fourrage [2] : l’épinoche à trois épines (Gasterosteus aculeatus) et le poulamon atlantique (Microgadus tomcod) La ouananiche, une sous-population de saumon atlantique qui est isolé de la population marine, passe sa vie adulte dans le lac et fraie dans les rivières. Elle est considéré comme le poisson type du lac Saint-Jean, et la pèche sportive de la ouananiche est très populaire. Il y a aussi quatre autre espèces piscivores présentent dans le lac, dont le doré jaune (Sander vitreus), le grand brochet (Esox lucius), la lotte (Lota lota), et le touladi (Salvelinus namaycush). La barbotte (Ameirus nebulosus), la perchaude (Perca flavescens), l’éperlan arc-en-ciel (Osmerus mordax), les meuniers (Catostomus spp.) et plusieurs autres espèces constituent le reste de l’ichtyofaune du lac Saint-Jean.

Plusieurs espèces d’invertébrés sont aussi présentes dans le lac, notamment des annélides, des mollusques, des crustacées et les larves d’insectes (diptères et trichoptères).

De plus, les habitats riverains comme les marais supportent une grande diversité de plantes et animaux. La végétation est typiquement composée d’espèces hygrophiles qui peuvent tolérer des périodes d’immersion. Ces habitats sont plus productifs que le reste du lac et la biodiversité est donc plus élevée. En plus des poissons et invertébrés aquatiques, ces habitats sont des sites de reproduction et refuge pour environ 200 espèces d’oiseaux migrateurs et sont aussi utilisés par plusieurs espèces de mammifères.

Pour plus d’information sur l’écosystème terrestre du Saguenay-Lac-Saint-Jean, voir L’écosystème terrestre du lac Saint-Jean

 Impacts des activités humaines

Plusieurs activités humaines peuvent affecter la composition et la structure de l’écosystème aquatique du lac Saint-Jean. L’exploitation hydroélectrique détruit les habitats aquatiques et peut empêcher la migration des espèces de poissons. L’agriculture et l’exploitation minière et forestière détruisent aussi les habitats et libèrent des polluants dans les cours d’eau.

L’érosion des berges est un problème majeur dû à la hausse du niveau d’eau après la construction du barrage sur la rivière Grande Décharge et au développement urbain. Depuis 1970, Alcan tente de protéger les berges et ralentir la perte d’habitat. Les premiers projets se limitaient à des perrés [3]dans quelques régions, mais depuis 1985, des nouvelles modes de gestion ont été mis en place et environ un quart des berges du lac est présentement protégé. Par contre, il reste encore beaucoup de travail à faire pour revitaliser les berges érodées.

La pollution des eaux affecte les organismes vivant dans le lac et dans les rivières. La pollution est causée principalement par les activités agricoles, l’exploitation forestière et les effluents urbains et industriels. Depuis plusieurs années, de nouvelles normes gouvernementales ont aidé à diminuer la pollution et nettoyer les eaux. La construction d’usines de traitement d’eau et l’arrêt du flottage de bois sur le lac en 1996 ont aussi amélioré la qualité de l’eau.

Le réchauffement climatique a un impacte sur les écosystèmes terrestres et aquatiques. La hausse de température de l’eau peut avoir des impactes physiologiques sur les organismes et affecter les interactions intraspécifiques. Le réchauffement peut aussi affecter le cycle de l’eau et diminuer la durée de couverture de glace sur le lac, et donc changer les conditions physiques et les habitats.

La pêche excessive a déjà menacé plusieurs espèces, notamment la ouananiche. En 1985, la population de ouananiche dans le lac Saint-Jean a atteint son plus bas niveau, qui a incité des nouvelles règles pour protéger l’espèce et la création d’un programme d’ensemencement en 1990. En 1996, la population a commencé à se rétablir et elle est présentement plus élevée qu’en 1970.

L’introduction d’espèces envahissantes est déjà un problème dans plusieurs grands cours d’eau canadiens comme le fleuve Saint-Laurent et les Grands Lacs. Une espèce qui a causé de grands problèmes dans le Saint-Laurent, la moule zébrée (Dreissena polymorpha), se répand rapidement en Amérique du Nord. Si elle atteint le lac Saint-Jean, sa présence pourrait menacé la biodiversité et la structure de l’écosystème.

Le tourisme et la récréation (pêche sportive, camping, etc.) pourraient possiblement avoir des effets négatifs sur l’écosystème aquatique en augmentant la destruction des habitats ou la pollution.

 Sujets à étudier

Quelles sont les différences entre les sous-populations du lac Saint-Jean et les sous-populations Atlantiques chez les espèces comme la ouananiche. Est-ce qu’il existe des différences et si oui, que sont les facteurs responsables de la divergence ?

Que sont les effets de la glace hivernale sur les organismes ? Comment tolèrent-ils la basse température et le manque d’oxygène ? Est-ce qu’il y a des espèces qui sont dépendantes de la glace pour leur survie ?

Quelles activités humaines ont l’impact le plus important sur la qualité d’eau ? (agriculture, foresterie, industrie, etc.)

Un changement de température affecte-elle les espèces aquatiques ?

Que sont les effets des barrages hydroélectriques sur la migration et la reproduction des poissons ?

Comment l’érosion des berges affecte-elle les communautés aquatiques ? Que sont les causes de l’érosion et comment pourrait-on mieux les protéger ?

Le tourisme et la récréation ont-ils des effets sur l’écosystème du lac ?

 Bibliographie

BÉDARD, Renée et al., 1999, Le Lac Saint-Jean, véritable mer intérieure, 64 pages

LASALLE, Pierre et Germain TREMBLAY, 1978, Dépôts meubles, Saguenay-Lac-Saint-Jean, Québec, Ministère des Richesses naturelles, Direction générale de la recherche géologique et minérale, Rapport géologique 191, 61 pages.

Wikipédia

Le Grand Dictionnaire Terminologique de l’Office Québécoise de la Langue Française

Saguenay : Un fjord exceptionnel

Atlas électronique du Lac Saint-Jean

Histoire du lac Saint-Jean

Musée de la Nouvelle-France

Communauté de Mashteuiatsh

La faune et la flore du Saguenay-Lac Saint-Jean

Fishbase

Programme de stabilisation des berges du lac Saint-Jean



[1] Espèces qui se nourissent de poissons

[2] Espèces qui sont les proies des piscivores

[3] Revêtement, typiquement en pierre, qui empêche l’érosion


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Autres documents et photographies




Bassins versant du Saguenay et lac Saint-Jean


La mer de Laflamme


Image satellite du lac Saint-Jean


Ammophile à ligule courte (Ammophila breveligulata)


Ouananiche (Salmo salar)


Omble de fontaine (Salvelinus fontinalis)

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