C’est après avoir mis sur pied un camp de vacances franco-japonais pour S.E l’Ambassadeur de France au Japon que celui-ci nous a demandé d’enclencher un travail de fond pour l’amélioration et la professionnalisation du tourisme scientifique, inventé en France il y a 40 ans. C’est bien entendu avec grand plaisir que nous avons accepté cette mission et que nous avons réfléchi pendant plusieurs années sur la meilleure manière de procéder pour augmenter de manière significative la qualité de ce qui est proposé aux jeunes.
Des séjours de qualité existent déjà en France, mais les séjours de vacances scientifiquesVacances scientifiquesObjectif Sciences propose et organise des camps sciences pour les enfants de 7 à 18 ans depuis 1992. les plus répandus aujourd’hui ne sont plus forcément les meilleurs, au contraire, et il fallait profiter de la mission reçue pour diffuser le plus largement possible les outils pédagogiques qui permettrait à toute autre association que la nôtre de garantir un travail pédagogique efficace et sympathique.
Nous décidâmes alors d’organiser des séjours de vacances, de vraies vacances plaisir permettant dans le même temps d’atteindre un niveau important d’éducation scientifique : donner la possibilité aux participants de faire de véritables recherches sur des inconnues réelles. Nous utilisons le terme « inconnue réelle » par opposition aux inconnues qui n’en sont pas, proposées habituellement en camps de vacances, et au sujet desquelles les animateurs connaissent déjà la réponse. Nous avons par exemple organisés de très nombreux séjours permettant la construction de véritables fusées ; typiquement nous savions comment les fusées fonctionnaient avant que les enfants n’arrivent sur le séjour et nous reproduisions une démarche expérimentale qui permettait à l’enfant de revivre en accéléré toutes les étapes de la conquête spatiale et de la compréhension des règles fondamentales qui font qu’une fusée vole droit et haut [1]. Dans la nouvelle configuration les éducateurs, fort de leurs connaissances générales, de leur culture scientifique et surtout de leur méthodes pédagogiques, devaient être capables d’animer des séjours sur des sujets pour lesquels ils n’avaient pas la réponse. La construction de l’avion solaire est un bon exemple !
Est-il utile de préciser qu’atteindre un tel niveau de qualité n’était pas gagné d’avance ? Cependant les 650 candidatures que nous avons reçues suite à notre appel à participation pour cette expérience pilote nous a permit de recruter et de former pendant un an 60 nouveaux éducateurs scientifiques qui sont venus grossir les rangs de l’association et qui ont préparé l’été qui vient de s’écouler jusqu’à plusieurs mois à l’avance (contre quelques jours dans les colos classiques).
Le résultat est saisissant : les camps furent un succès pour les enfants et nous avons pu engranger une quantité impressionnante de paramètre à prendre en compte pour que cela fonctionne effectivement comme il le faut. Ces paramètres, nous les avions soit pris en compte pendant les préparatifs, soit instaurés durant l’été. Mais dans les deux cas il nous faut les modéliser et les institutionnaliser dès aujourd’hui avant qu’ils ne disparaissent pas dans l’habitude dans laquelle nous risquerions d’oublier leur absolue nécessité. Nous allons d’ailleurs les communiquer au fur et à mesure de l’année aux autres professionnels de l’animation scientifiques afin qu’eux aussi puissent proposer de telles expériences aux enfants.

Voici quelques uns de ces paramètres : tout d’abord les thèmes des camps doivent être définis de manière extrêmement précise et être ancrés sur des recherches ayant court sur le long terme. C’est la raison pour laquelle les projets qui ont été débutés par les participants de l’été 2005 vont pouvoir continuer et être poursuivis sur plusieurs années. Deuxièmement, et cela semblera évident à tous les professionnels de l’animation, les thématiques doivent être encore plus fortement adaptées aux tranches d’âges afin de leur permettre d’aborder les sujets de recherche en fonction de leurs structures mentales (à tel âge on peut ou on ne peut pas prendre conscience de tel ou tel concept).
Mais il s’avère également que si nous pouvons mener des activités sur des recherches réelles avec toutes les tranches d’âge celles-ci doivent absolument être les plus précises possibles. C’est la raison pour laquelle les 8-12 ans deviennent les 7-9 et les 10-12 [2].

Il ne faut pas non plus oublier la durée des séjours. Cette année les séjours étaient proposés pour des durées de 10 jours ou de 21 jours. Les jeunes inscrits pour 21 jours ont apprécié le fait d’avoir le temps pour mener correctement leurs activités, et ceux inscrits pour seulement 10 jours ont ressenti un peu de dépit de ne pas pouvoir rester plus longtemps pour fignoler leur projet de recherche.
Ceci entre malheureusement en contradiction avec la tendance qu’on les familles d’inscrire leurs enfants pour des durées chaque années de plus en plus courte. D’après les statistiques du Ministère de Jeunesse & Sport avec qui nous travaillons les parents préfèrent les séjours très courts, allant parfois jusqu’à 6 ou 7 jours. D’un côté, céder à cette tendance permettrait d’augmenter le nombre d’inscriptions, mais cela reviendrait à transformer l’association en une usine au sein de laquelle il ne serait plus fait un travail de grande qualité. D’un autre côté si les enfants qui viennent pour la première fois veulent faire un test et les parents veulent observer la réaction de leur enfant, il serait regrettable de ne pas proposer des séjours courts.

C’est la raison pour laquelle il va être proposé des séjours plus courts pour les petites tranches d’âges, assortie d’une possibilité de participer à deux séjours à la suite [3]. Objectif : permettre aux enfants motivés ou connaissant déjà l’association et ses animateurs de rester plus longtemps pour un prix modique. Les tranches d’âges les plus grandes auront quand à elles la possibilité de s’inscrire sur des séjours de 15 jours et pourront ainsi augmenter leur présence sur le centre à 30, 45 jours... ou encore deux mois pour les plus motivés !

C’est tout naturel d’ailleurs de faciliter l’accès aux sciences à qui désire tellement progresser dans ce domaine, comme ce fut le cas pour de nombreux jeunes inscrits chez nous par le passé. Il faut dire que les projets de recherche proposés sont ambitieux ! Réaliser un avion solaire, développer des portails offrant l’accès à des logiciels scientifiques à tout utilisateur dans le monde ou encore développer un système de traitement bioinspiréBioinspiré / Bio-inspiré / Bioinspirée / Bio-inspirée / Bio inspiré / Bio inspirée / Bio inspiréesNom d’origine anglophone : Biomimétisme
Adjectif d’origine francophone : Bioinspiré
Ce terme englobe à la fois la Bionique (copie des formes - très répandu), la physionique (copie des procédés - orig. Université de Genève) ou encore l’écologie industrielle (copie des organisations, par exemple des écosystèmes dans le cadre de l’urbanisme). de l’eau sont en effet des activités passionnantes pour les jeunes.
Pendant que le camp « La composition des planètes » rédigeait une proposition à destination de la commission internationale responsable des noms des cratères sur MarsMars4 jeunes de 13 à 15 ans ont donné officiellement des noms à plusieurs cratères de la Planète Mars - cela s’est passé au sein des séjours ASTRONOMIE proposés par l’association durant les vacances d’été. afin de lui proposer une vingtaine de noms pour des cratères encore non baptisé, le camp « La vie sous l’eau » présentait aux élus locaux, lors d’une conférence fortement illustrée, l’état de la qualité des eaux dans la Vallée de l’Ance.
L’avant-veille les gendarmes, le garde-pêche et... nos participants partaient en mission sur les bords d’une rivière récemment polluée afin de déterminer ensemble la cause de cette pollution. Qu’il est valorisant pour un(e) adolescent(e) de se voir pris en considération au même niveau de compétence et de responsabilité par un gendarme et un garde-pêche !
De son côté, l’équipe composée par les divers camps de la famille PARADISAEA, le fameux avion solaire, arrêtait des choix en matière de dimensions, d’organisation, de gestion de l’énergie etc afin de se lancer dans la construction de cet étonnant prototype. Le directeur commercial d’une entreprise suisse fournissant des cellules solaires flexibles fit l’aller retour en une journée jusqu’au centre afin de venir traiter « affaires » avec les jeunes du camps « L’énergie du soleil ». Il en fut de même pour de très nombreux autres intervenants de qualité, en astronomie, en environnement, en aquariophilie, en archéologie...

L’archéologie... voilà un domaine qui plaît à bien des enfants. Les inscrits du camps « L’origine de l’agriculture » ont découvert cet été au court de leurs pérégrinations un site néolithique mis à jour suite à un incendie de forêt ayant eu lieu il y a déjà de nombreuses années ; des morceaux de céramiques, des pièces de monnaie, des outils taillés dans la pierre furent retrouvés à cet endroit. Autant dire que bien des périodes de notre passé s’y retrouvent. Et en plus ce site néolithique se trouve à seulement une heure de marche du Centre de vacances ! C’est la raison pour laquelle nous organiserons bien entendu l’ensemble des vacances archéologie à venir sur ce thème et sur ce lieu. Quel bonheur de pouvoir aller sur le chantier de fouille tous les jours tout en prenant une bonne douche le soir ! Un chantier de fouilles qui comme vous vous en doutez maintenant sera géré par les enfants eux-mêmes.

Tandis que trois inspecteurs différents du Ministère de la Jeunesse & Sport, invités par nos soins, venaient se rendre compte sur place du résultat de nos efforts et nous félicitaient pour les résultats obtenus avec les enfants, les scientifiques qui sont intervenus cet été furent tous enchantés de la manière dont leurs domaines de prédilections étaient retransmis et vulgarisés aux chercheurs et aux ingénieurs en herbe présents sur le Centre. Le pilote d’avion, ingénieur à la retraite, qui vint en juillet rencontrer les participants de la famille PARADISAEA décida en repartant avec son avion de faire plusieurs tour au dessus du Centre pour dire au revoir aux enfants...
Que de souvenirs et que d’activités menées durant seulement deux mois ! Et tout cela sans même parler du VTT, du raft, de l’accrobranche... Tout cela est une autre histoire, que nous vous conterons très bientôt au travers d’une page du site spécialement dédiée aux activités extra-scientifiques proposées sur le Centre de Séjours Scientifiques de St-Anthème.
A très bientôt à tous et merci pour vos encouragements !
[1] Cette pédagogie du projet est aujourd’hui relativement bien mise en oeuvre par les associations sérieuses. Ce n’est pas le cas lorsque le programme propose de simples visites de musées ou des ateliers plaquant l’information tel un tableau noir.
[2] Ceci entrant d’ailleurs en cohérence avec la forte demande que nous avons de la part des parents pour inscrire des enfants de 6 ans et demi et 7 ans.
[3] le projet continuant grâce au fait que la recherche principale à lieu sur le long terme. En même temps, les activités proposées aux enfants sont « finies », c’est à dire ont un début et une fin. La recherche à long terme est donc découpée en sous éléments logiques.